A tous ceux que cela intéresse:
Encore une fois, l'Etat que l'on accuse de se mêler de
tout, est appelé à la rescousse pour trouver des solutions à un problème qui ne le
concerne pas. La solution proposée passe par Gaz de
France. Nombre de députés UMP ont cru intelligent de ne pas apporter leur
soutien au gouvernement dans cette affaire, nouveau psychodrame
franco-français, alors que les industriels concernés sont d'accord sur la
solution, à moins que ce ne soit par pure fronde vis à vis de Matignon?. Par
manque de prévoyance de Suez, qui n'a pas su protéger son capital, un montage
dans l'urgence a choisi GdF comme partenaire. Pourquoi pas? Suez et GdF sont
deux groupes fortement engagés dans le secteur de l'énergie, mais pas
seulement. Suez est sous le feu d'une OPA hostile d'ENEL, l'EDF Italien , dont
les comptes et stratégies ne sont pas très transparents (voir épisode
Montédison).Enel veut Suez pour la dépouiller de ses actifs énergétiques
(Electrabel, l'EDF belge, pour faire court) et démanteler le reste de l'entreprise
en la vendant par appartement. Les magouilles financières ne sont pas loin.
Par dilution de son capital, GdF passerait sous la barre
des 50% détenus par l'Etat, perspective qui met le personnel politique à gauche
et à droite en émoi. Pourquoi? Atteinte à la nationalisation? Atteinte à
la promesse donnée? Solution Franco Française? Défiance Européenne?
Bien imprudemment, N.Sarkosy s'est laissé aller à des
promesses intenables sur le moyen et long terme, pour faire passer des projets
de court terme. Promettre de maintenir 70% du capital de GdF dans le giron de
l'Etat, c'est risquer de renier sa parole par le démenti des faits, et à terme
de perdre toute crédibilité sur d'autres
promesses, souvent hasardeuses.
Pourquoi l'Etat devrait-il garder 70% du capital de GDF
remanié? 50% est déjà largement suffisant pour éviter tout problème, et 35%
permettent de garder une minorité de blocage contre les actions qui pourraient
aller à l'encontre des intérêts de la France. Se cramponner à GDF et EDF, c'est
se comporter en socialiste irresponsable, c'est agiter le drapeau rouge devant
toutes les forces de l'utopie. Gaz de France a besoin
d'alliances pour se développer et surtout ne plus apparaître comme étant
étatisée, mot semant l'effroi partout en Europe, sauf en France. Faudra-t-il
écrire : PS, CGT, UMP même combat?
La France doit maitriser son énergie, donc son gaz, et ne
pas laisser le marché seul imposer ses solutions :position gaullienne.
Un partenaire étranger (européen) dans GDF n'est pas incompatible avec le fait
que l'entreprise doit rester maitrisable par la France et ne pas risquer une
OPA hostile, venue notamment de l'étranger. Aujourd'hui, l'organisation de son
capital la protège, comme cela continuera avec Suez.
L'Europe de l'énergie ne peut se faire à coup d'OPA
hostiles, pas plus d'ailleurs que celle de l'industrie. A noter que le monopole
de Gaz de France est attaqué par Gaz du Sud Ouest, et que GdF ne sera bientôt
plus le seul distributeur. Peut-être ne l'est-il déjà plus.
Les entreprises ayant des positions stratégiques doivent
se protéger des raids hostiles, ce qui n'est pas incompatible avec une solution
européenne. L'UMP doit faire des propositions et cesser de se mettre en porte-à-faux
vis-à-vis de l'opinion et de ses militants.
C'est agaçant de ne pas comprendre le pourquoi des prises de position de l'UMP¨, alors même que son président ne s'est pas exprimé sur le sujet.
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SUEZ suite
En complément de mon envoi du 16/06, je
ne puis que réagir aux dernières infos concernant la fusion Suez/Gaz de France.
A part qq accros de l’économie
étatisée, qui se soucie vraiment aujourd’hui de la privatisation de gaz de
France ?
Reporter le débat en septembre,
c’est :
N. Sarkosy prône un comportement de
rupture pour « après ». Je souscris à son idée générale, mais
m’interroge sur la façon dont il va s’y prendre, si avant même d’être en
position d’appliquer ces principes, il laisse se développer des manœuvres de
bas étage.
Je rappelle que les augmentations de
prix de l’énergie et du gaz en particulier ne sont pas liées à la
privatisation, comme le laisse entendre le PC et la CGT, mais aux tensions sur
les marchés. Le gaz a augmenté, mais à ce jour, GDF est toujours
« nationalisée ». La fusion ferait du nouveau groupe un géant de
l’énergie, un acteur de premier plan et le premier acheteur de gaz, donc
capable de maitriser les prix à la source. GDF seul n’a pas de taille critique
suffisante pour espérer contrer efficacement ses concurrents.
La CFDT, est d’accord avec la démarche
de fusion, et fait preuve de plus de courage et de vision d’avenir que nos
députés car elle a bien compris où étaient les intérêts des entreprises
concernées et de leurs salariés.
Alors je dis raz le bol.
Je veux bien mouiller ma chemise pour
l’UMP, pour la mise en place d’une politique ouverte et dynamique apte à
relancer la France sur le terrain économique,
mais je refuse ces visions et comportements politiciens qui laissent
craindre que le « après » soit comme le « avant ».
Besançon, le 20/06/06
JL BELIN